Le soleil était encore bas sur les montagnes quand MrKnowherre tourna la clé dans le contact de la voiture d’auto-école. Ses mèches violettes frémissaient sous le vent frais du matin, et sa queue battait nerveusement. À ses côtés, Wolfoshi, adossé à un arbre, lui fit un signe encourageant. Son regard bleu profond le rassurait plus que les paroles de l’examinateur.
— Tu vas tout déchirer, souffla-t-il. T’es prêt.
Le moteur ronronna doucement. MrKnowherre inspira à fond. Il savait ses trajectoires, ses priorités, ses créneaux en bataille et en épi… mais ce n’était pas ça le plus difficile. C’était l’attente.
L’épreuve passa comme un éclair. Puis, ce fut le silence. Un jour. Deux jours. Trois jours.
Chaque fois que son datapad vibrait, MrKnowherre sautait dessus. Rien. Rien. Toujours rien.
Wolfoshi, stoïque, gardait son calme. Mais il surveillait son compagnon du coin de l’œil, prêt à réagir. Il le consola, le soutint, lui fit même faire un tour dans la montagne pour lui changer les idées, conduisant lui-même, la chemise ouverte, les bois baignant dans la lumière dorée.
Puis, enfin, un matin, un bip différent. MrKnowherre ouvrit le message… et resta figé.
— Je l’ai eu… Je l’ai eu ! J’AI MON PERMIS !
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Wolfoshi s’élança, attrapa son loup dans un puissant câlin qui le souleva presque du sol. Le bras cybernétique de MrKnowherre cliqueta contre le dos musclé de son compagnon tandis qu’il riait aux éclats, les yeux brillants.
— Je suis tellement fier de toi ! s’écria Wolfoshi en le serrant plus fort.
Ils tournoyèrent ensemble, dans la lumière du matin, deux silhouettes complices unies par la fierté et l’amour. Ce jour-là, ils fêtèrent le permis avec une virée rien qu’à deux, les vitres ouvertes, la musique à fond, et le vent dans leurs poils.

