Le vent sifflait dans les feuillages alors que Wolfoshi avançait, tendu comme un arc, ses pas silencieux mais décidés. Voilà plus d’une heure qu’il suivait l’odeur de MrKnowherre, le museau parfois frôlant les pierres, parfois levé dans l’air comme pour lire le vent. Sa respiration était régulière, mais intérieurement, son cœur battait à tout rompre.
Soudain, il s’arrêta net.
Le sol portait des signes clairs : de grandes traces désordonnées, des griffures sur des troncs, des touffes de poils… et une large entaille dans un rocher couvert de mousse. Il s’accroupit, flairant avec intensité. Il reconnut sans hésiter l’odeur de MrKnowherre, entremêlée à une autre senteur métallique, étrangère. Une lutte s’était déroulée ici. Violente. Précise. Et trop bien nettoyée.
Mais au-delà de cet endroit, plus rien. Le silence.
Le flair de Wolfoshi, pourtant légendaire, ne percevait plus la moindre trace. Comme si l’air lui-même avait été aspiré. Il se releva d’un bond, ses crocs serrés, les veines de ses bras et de son cou palpitaient avec rage.
Il fonça vers la cabane à toute vitesse, les muscles roulant sous sa peau fine et tendue. Il passa la porte d’un coup d’épaule, se précipita dans leur chambre. Sa main attrapa d’instinct leur kit d’urgence : gourde filtrante, provisions lyophilisées, carte, talkie, et le vieux poignard de son père.
Il ne prit pas le temps de refermer la porte derrière lui.
Le soleil descendait déjà lorsqu’il atteignit les abords de la ville. Une silhouette sombre, taillée dans l’acier de sa détermination, il avançait dans les rues désertes, le regard fixe, les bois de cerf tranchant la lumière des lampadaires.
Il ne s’arrêterait pas. Pas avant d’avoir retrouvé MrKnowherre. Pas avant d’avoir fait hurler la vérité.


